Jean Jean -Charles Stora - Porteaboulerouge
Porteaboulerouge
Acier
3m20x70cm



- 2000€ Available -

Sculpture

Jean Jean -Charles Stora

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Presentation
Créer, comprendre, vivre :
le réalisme relationnel de Jean-Charles Stora


L’engagement de Jean-Charles Stora dans la pratique artistique n’est pas le résultat d’une révélation ou d’une subite décision, mais plutôt le fruit d’une continuité obstinée. En entrant dans sa recherche, Jean-Charles Stora a certes déplacé son regard et trouvé de nouveaux points de vue ; mais son domaine est resté celui qui avait toujours été le sien, et il a continué de faire ce que dans sa vie il avait toujours fait : aller à la rencontre des autres, provoquer des situations dans lesquelles le partage des perceptions et des émotions crée le lien.
Car percevoir et comprendre le monde ne peut être une activité solitaire. La compréhension à laquelle on prétendrait parvenir en son for intérieur, indépendamment des autres, ne peut être qu’une illusion ou un non-sens, au mieux un délire. Percevoir la réalité du monde, c’est comprendre les autres avec lesquels on l’observe et le partage ; c’est regarder ensemble, s’accorder sur nos visions, émotions et sentiments, et même sur nos désaccords. La nécessaire vision partagée de l’objet, et la compréhension du regard de l’autre qu’elle implique, c’est ce que nous appelons « relation ».
Parce qu’elle est la vie et le plaisir, la relation ne peut être qu’une pratique ; si on la considère comme un centre d’intérêt, un concept ou un domaine à explorer avec des médias, artistiques ou autres, on s’en distancie et on en sort. Échange de regards, mutuelle compréhension, partage des visions, des émotions et des sentiments : Jean-Charles Stora a toujours été attentif à ces pratiques, tant dans l’ordinaire de l’amitié que dans ses activités de thérapeute ou de formateur, et c’est toujours cela qu’il recherche dans l’expression artistique, comme le montre l’émouvante série des « Semblables », dont toutes les pièces ont été réalisées dans un des moments de partage et de plaisir les plus ordinaires de la vie humaine : les repas conviviaux.
Autant dire que la relation est la construction, cognitive et émotionnelle, du monde. Toute chose perçue est objet de nos relations, objet et miroir de nos regards croisés, de notre compréhension, de nos sentiments. Un objet n’a d’autre sens que celui que nous nous accordons pour lui donner, et d’autre réalité que ce sens. La relation est notre seule vraie réalité. Lorsque des objets, ordinaires ou artistiques, nous font signe, lorsque nous avons le sentiment qu’ils nous disent quelque chose, c’est parce que nous nous accordons pour leur donner un sens ; leur réalité est la nôtre, celle que nous construisons ensemble. La relation contient toutes les possibilités de la créativité humaine. Tout le travail de Jean-Charles Stora peut être vu comme exploration et mise en évidence de cette créativité. Ses pièces ne sont pas des représentation, des questions muettes ou des symboles ; elles ne portent ni messages ni indices de significations dissimulées ; elles ne contiennent pas de sens à découvrir et ne cachent aucune révélation. Elles sont des invitations, des objets réels qui nécessitent que nous les construisions, que nous accordions nos regards, que nous leur donnions un sens dans la relation, en usant de notre créativité.
Jean-Charles Stora n’offre donc pas les objets qu’il construit et assemble à notre seul regard ; il les propose à notre besoin de relation, à notre besoin de comprendre l’autre, à notre nécessaire effort de construction du monde : a notre propre créativité. Ses œuvres impliquent nos manières de vivre ensemble et les interrogent. De ce point de vue, on peut dire que son travail est d’un réalisme véritablement relationnel.
Gérard Renaudo Octobre 2016


Les œuvres

Les premières pièces abstraites

Dans ses premières pièces, Jean-Charles Stora travaille tous les aspects de l’objet, la forme, la couleur, la texture et, très important, la situation des éléments dans l’espace ; il joue avec des oppositions de matériaux (métal, bois, pierre) et de finitions (métal brut, peinture époxy). Les pièces sont fines et brutes, étranges et familières. Jouant avec ces oppositions, l’artiste n’offre pas seulement des objet à percevoir, il propose à notre regard rêveur de construire une réalité, l’objet dans son espace.

Les semblables :
Construire l’objet et entrer dans la relation

Construire l’objet, c’est construire en même temps l’espace dans lequel on le considère, c’est à dire la possibilité de changer de perspective ; et changer de perspective, c’est prendre soudain conscience de la réalité de l’espace dans lequel on regarde l’objet. La série des « Semblables » propose ce renversement de point de vue. Leur regards, jamais représentés mais extrêmement présents, proposent un espace dans lequel l’objet perçu et la subjectivité se construisent simultanément. Le regard absent des semblables montre que l’espace n’est ni l’extension ni le contenant de notre regard, qu’il est d’emblée totalement relationnel, avant même d’être culturel, construit dans la confrontation au regard des autres, ces chers semblables si délicatementent différents.

Le fil :
Construire l’espace, échapper à l’aliénation
Construire l’espace, c’est construire son propre corps. De même construire le sens et la réalité de l’objet dans l’espace, c’est construire simultanément le sentiment de soi dans la relation. L’installation « Le fil », réalisée en collaboration avec (, Saint Alban), a approfondi cet aspect. En nous suggérant de suivre leur fil, les artistes n’offrent pas seulement un objet à notre perception, ils nous proposent de sentir notre travail de construction de l’espace. Suivant avec le fil la possibilité de la relation, le regard sort de la cage et construit l’espace dans lequel l’objet prend forme et sens. C’est ainsi que s’élabore notre subjectivité dans son environnement, c’est ainsi que nous tentons d’échapper à l’aliénation. En suivant le fil, nous éprouvons notre permanent travail de construction de notre subjectivité et de création de notre liberté.

Les lucioles :
Comment se construit notre culture

L’effort relationnel permanent de construction de la réalité est notre manière de vivre et se sédimente dans notre culture, traces, paroles disponibles, objets mis de côté. La construction de nos espaces relationnels et de nos objets est incluse dans un réseau culturel qui lui préexiste et s’en trouve modifié, dans lequel elle prend un sens et dont elle intègre les précédences. La série des « Lucioles », signaux verticaux de verre et d’acier réalisées par Jean-Charles Stora et Chicco Beiso, déplace la problématique du regard et de la relation dans la culture. Ces lumières légères, portant les traces, marques et inscriptions de nos modes de vie, s’opposent aux feux bruyants et pesants de notre « mobilier urbain » contemporain. Leurs feuilles de verre donnent à voir de petits restes de notre culture, et dans cette mise en évidence nous saisissons avec émotion qu’ils sont les restes de nos communautés de vie, qu’ils ont tous un sens parce que nous sommes en lien avec chacun d’eux ? à l’opposé, par exemple, de la distance avec laquelle nous avons tendance à considérer nos déchets dans une transparence, pourtant très moderne, celle des sacs en matière plastique de notre « récolte différenciée ». Regarder les Lucioles, c’est retrouver avec émotion ce que nous avons tendance à oublier : que notre culture est le résultat de notre permanente élaboration commune de la réalité, dans ses plus infimes détails.
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